28 novembre 2005

Jim Fitzpatrick (2ème partie : Nuada au bras d'argent)


Demata !

Je vous avais présenté Jim Fitzpatrick, lors d'un article précédent, en vous parlant du "livre des conquêtes". Il s'agissait du premier volume illustré que l'artiste avait réalisé sur les textes mythologiques irlandais. Dans le second livre, une nouvelle fois, Jim Fitzpatrick imprime de son talent les anciens récits mythiques, afin de faire découvrir au lecteur un passé glorieux dont l'héroïsme, le courage et la fierté celte avivent chaque page d'un souffle épique.

" Les cités d'or que j'ai tant aimées gisent sous de gris océans au pied des tours rutilantes de Hy-Brasyl, paradis céleste et terrestre où hommes et dieux vivaient en harmonie avec les bêtes des bois et des montagnes sauvages. C'était un temps de moisson et de renouveau mêlés, un temps de fleurs et de fruits à la même branche. C'était un temps de gestes gracieux et généreux, de regards souriants, de lèvres parlant d'amour sans honte, de bravoure sans carnage."

Ainsi commence le second livre intitulé à l'origine "le guerrier d'argent" qui en fait sera publié sous "Nuada au bras d'argent".

C'est Tuan, l'Ancien Blanc, autrefois chef de la tribu des Cessair, tous premiers hommes à peupler Erin la Verte, Tuan, homme de sagesse et de renom, qui une fois encore est le narrateur du récit. Ainsi explique t'il comment la loi des dieux interdisait à Nuada de régner, car privé de son bras lors de la bataille de Moy Tura, il ne disposait plus d'un corps entier. Il fut alors nécessaire de choisir un nouveau chef parmi les Tuatha De Danann. Nombreux sont les valeureux héros qui auraient pu remplir cette fonction, mais il advint que les femmes séduites par la prestance de Breas le Beau convainquirent les hommes de l'élire. Elles expliquèrent que le sang des Formoirés qui coulait dans ses veines renforcerait le pacte déjà scellé par le mariage de Cian, fils de Diancecht le Guérisseur et d'Eithne, la propre fille de Balor. Ainsi disaient-elles, les Tuatha De n'auraient plus jamais à craindre les Formoirés, leurs ennemis héréditaires et le seigneur sorcier Balor à l'oeil mauvais. La paix qui s'ensuivrait leur permettrait une alliance avec les Fir Bolg pour ensuite régner sereinement sur Erin...

Mais la beauté de Breas n'était qu'un leurre masquant sa duplicité. Le malheur des Tuatha ne faisait que commencer et peu à peu la noirceur de l'âme de Breas se dévoila...


Tout comme le "Livre des Conquêtes", "Nuada au bras d'argent" se divise en sept parties.


-Les métamorphoses de Tuan
-Le règne de Breas
-La restauration de Nuada au bras d'argent
-La venue de l'Il-Dana
-Le chemin du gourdin de Dagda
-Les invasions des Formoirés
-La fin de la seconde Bataille de Moy Tura


"Le nombre des morts de la bataille de Moy Tura restera inconnu tant qu'on ne saura pas compter les étoiles du ciel qui nous domine ou les flocons de la neige d'hiver ou les brins d'herbe sous nos pieds ou les chevaux de Manannan dans la tempête des flots"
Ceci est leur histoire et la mienne.
Je suis Tuan
Je suis Légende
Je suis mémoire faite mythe.

19 novembre 2005

L'esprit de la magie

Demata !


Aujourd'hui, je vais traiter succintement de la magie en Nemedia. Les Légendes et les récits héroïques tirés des différents cycles Irlandais nous démontrent que la magie était coutumière chez les Celtes. Il n'est pas rare de voir des duels entre maîtres de l'art qui tour à tour se transforment en animaux puis en créatures fabuleuses. Qui n'a pas entendu parler de Myrdhin, plus communément appelé Merlin ? Son nom en vieux celtique est Moridunon, qui signifie forteresse de la mer et exprime la puissance de l'enchanteur sur les eaux primordiales. Il connait toutes les langues y compris le langage des animaux. Sorte de druide Shaman réactualisant l'âge d'or, il rappelle les souvenirs des temps anciens où hommes et bêtes se comprenaient.

Mais les aptitudes magiques sont fréquentes et nombreuses. Les Tuatha De Danaan ont tous des pouvoirs fantastiques qui leur permettent d'invoquer brumes magiques ou ramener la santé aux moribonds pour repartir sans cesse au combat après avoir été baignés dans un puits magique. Que dire du manteau d'invisibilité, des armes magiques qui ne loupent jamais leur cible ou encore des malédictions ou alors du spasme de furie de Cuchulainn ?

Le chant d'un barde dit "J'ai reçu les dons qui ne s'apportent qu'aux porteurs de l'Anaon [...]Les Aïeux m'on légué, transmis du fond des âges, les secrets arrachés, autrefois aux Géants".

Ainsi m'est venue l'idée de la magie pour Nemedia. Je ne voulais pas de ce que l'on retrouve dans tous les jeux habituellement. Il fallait quelque chose de différent et dont la nature ne pouvait être que lié à la tradition magique des Celtes. Après avoir compulsé de nombreux récits et documents, j'avais noté trois principes qui revenaient sous de nombreuxes variantes. J'avais la base dont découlerait tout le reste...

L’Anaon, les Tenenan et les Principes
Qu’est ce que l’Anaon ?
L’Anaon est une puissance thaumaturgique issue de la Source de Nemedia à laquelle se sont associées les âmes des guerriers que les trois Tenenan originels avaient investis dans leur lutte contre l’Ombre. L’Anaon est une part de l’âme du Créateur mêlée à la conscience des preux qui luttèrent pour que leur terre ne de-vienne pas le jardin de Tanavenn. L’Anaon est entités et pouvoir, âmes et Principes.

Que sont les Tenenan ?
A l’origine, les Tenenan sont des entités mystiques auxquelles le Créateur donna la vie pour que la Source qui n’était autre que le sang de Nemedia, le reflet de son âme, ne soit jamais pervertie d’aucune manière que ce soit. Lorsque l’Ombre commença à se développer et la sinistre menace de Tanavenn à devenir in-quiétante, trois des Tenenan décidèrent de s’incarner pour contrer le fléau. Entités d’énergie pure, les trois êtres ne purent trouver de réceptacle à même de les accueillir tant leur intensité était incommensurable. Ils se scindèrent alors en Principes qui en investissant le corps de certains élus leur concéderaient des facultés extraordinaires dans le but de faire refluer l’Ombre.

Quels sont les Principes ?
Les Principes, à l’image de leurs initiateurs sont au nombre de trois.

Le Principe de la Pensée permet l’ouverture d’esprit. Il favorise l’utilisation d’une conscience autre et permet à l’hôte d’accéder à une dimension de réalité différente de celle qu’ont les êtres vivants en général.

Le Principe de la Parole donne aux mots leur puissance réelle. La force du Tenenan donne une ampleur su-périeure aux mots et à la portée qu’ils peuvent avoir sur ceux qui les entendent. La Parole utilise des vibra-tions qui modifient la sonorité des syllabes et permet d’influencer le comportement ou les actes d’autrui car elle impose l’intérêt, le respect ou la crainte.

Le Principe du Geste apporte une confiance et un savoir-faire dans la manipulation, le mouvement. Il permet l’acceptation et l'usage développé des possibilités qu’offre la morphologie de l’hôte et peut modifier la phy-siologie du Nagir lorsque la symbiose est parfaite.

Chaque Principe que je viens de vous définir est source de nombreux pouvoirs, des capacités effrayantes dont les applications sont variées et peuvent se combiner sous les formes les plus diverses. Mais cela vous le découvrirez par vous même.

11 novembre 2005

l'appel de l'aventure

Demata !

Quelque fois, la vie quotidienne est d'un tel ennui que la moindre occasion est valable pour fuir ce qu'on ne connait que trop. L'appel de l'aventure soufla aux oreilles du jeune Sengann d'une façon bien étrange, mais je vous laisse plutôt juger par vous même...

"Sengann alla nourrir les bestiaux comme son père le lui avait demandé. Il donna un coup de pied dans le groin de l’un des cochons qui se montrait trop agressif et s’assit rêveur sur la barrière à les regarder se rouler dans la fange. La nuit tombait et avec elle arrivait un vent froid qui annonçait la neige pour bientôt. Il se retourna attiré par le bruit d’une caravane de marchands qui arrivait du Northland où ils étaient allés négocier peaux, fourrures, alcool et armes en acier d’une qualité supérieure à celle que forgeaient les Cornics. Ils passeraient la nuit à Vigdaül dans la Maison des voyageurs en échange de sel et de quelques babioles puis repartiraient aux aurores pour regagner Ménémarzin où toutes ces marchandises seraient écoulées en peu de temps à des tarifs exorbitants. Sengann sauta prestement de son perchoir et se dirigea en courant vers les nouveaux arrivants ; il aimait écouter les histoires que racontaient les étrangers, elles le laissaient rêveur et lui donnaient l’impression que le monde était si vaste et si merveilleux qu’il n’attendait plus que lui. Le garçon fit le tour de la caravane inspectant chaque bête et son chargement, puis il observait les Gaiscedachs et les négociants dont tous n’étaient pas Cornics. Il reconnut des Northlanders de diverses tribus identifiables aux couleurs chatoyantes de leurs tartans et à leurs longues barbes tressées. Il ne put s’empêcher de loucher sur les nombreux et sinueux motifs entrelacés encrés qui couvraient leur épiderme, ainsi que sur leur armement effrayant, autant par la taille que par les motifs que chacun d’entre eux avaient gravé en prière à ses dieux sur les fourreaux. Il vit même des Sigoles, de petits guerriers aux yeux bridés tout vêtus de peaux ; tous avaient le visage scarifiés et les cheveux attachés en chignon sur le haut du crâne ; Sengann avait du mal à les différencier les uns des autres si ce n’est par les motifs en os et en ivoire avec lesquelles ils agrémentaient leurs tenues.

La curiosité du jeune Cornic poussa ses pas vers les négociants étrangers ; vers ce soupçon d’aventure qui recouvrait chacun de leurs visages. En tournant autour de la caravane, Sengann rêvassait ; il ne vit pas la masse imposante d’un Gaiscedach Northlander qu’il percuta de plein fouet et se retrouva couché sur le dos les yeux remplis de petites taches lumineuses.
– Eh bien enfant on ne t’a jamais appris à regarder où tu mettais les pieds ? Es-tu aveugle ? La voix du Northlander était tonitruante et moqueuse et plusieurs guerriers de l’escorte de la caravane se mirent à rire de bon cœur.
Sengann se sentit humilié mais il accepta de bonne grâce le bras tatoué que lui tendit le guerrier afin de l’aider à se relever. Il marmonna quelques mots de remerciement et leva la tête pour tenter de voir dans la semi obscurité de la nuit tombante le visage de celui qu’il avait bousculé. Il poussa un cri de stupeur et retomba en arrière de surprise. Une fois de plus tous les guerriers éclatèrent franchement de rire, le Gaiscedach du Northland le premier. Sengann avait été surpris et à la fois un peu effrayé il faut le dire à la vision du visage de son interlocuteur. Outre les nattes tressées et garnies d’anneaux d’argent, la peau de la moitié du visage du guerrier était marquée de symboles et d’entrelacs noirs et bleutés lui donnant un aspect démoniaque ; ce que l’imposante hache noire qu’il portait au côté ne faisait qu’accentuer.
– Allons lève–toi, tu ne vas pas dormir ici tout de même ? Tu as bien un abri et une famille qui t’attendent ?
Sans réfléchir Sengann répliqua :
– Non Seigneur Guerrier je suis… Je suis seul et… Et je comptais vous demander si… Si je ne pourrais pas vous accompagner à Ménémarzin pour trouver du travail, ou même vous proposer mes services, je suis fort et je mange peu, je sais faire toutes sortes de choses.
– Tu m’as l’air bien brave mais que veux tu que je te confie comme travail, tu serais plus un fardeau pour nous qu’un…
– Mais je sais chanter et jongler, je connais les Douze récits de la Moy Tura, j’ai suivi l’enseignement des Aes Dana, je pourrais faire à manger, nourrir vos montures…
– Bien, bien, nous allons voir ça tu vas devoir faire tes preuves ce soir même après je déciderai.
Sengann sentait son cœur battre la chamade, si son stratagème fonctionnait il quitterait Vigdaül aux aurores avec la Caravane et deux jours après il serait à Ménémarzin ; il pourrait enfin voir des Tuatha De Dananns…
– Je reviens, je vais vous chercher de la bière et du vin et, et du bois pour faire bouillir vos marmites.
Aussitôt dit, aussitôt fait, Sengann s’enfonça dans l’obscurité de la nuit et revint les bras chargés de petit bois et de bûchettes. Quelques instants après il repartit et revint avec deux tonnelets sous chaque bras. Il pénétra dans la maison des voyageurs et y alluma un feu dans la fosse prévue à cet effet. Quelques temps après les marmites bouillonnaient, les bêtes avaient été conduites dans un enclos prévu à cet effet et Sengann tout fier commençait à conter l’un des Douze récits de la Moy Tura devant une assemblée attentive qui buvait avec bonheur les nectars que le jeune Cornic leur avait apporté autant que ses paroles enchanteresses. Ce soir, la fraîcheur nocturne se fit moins ressentir et tous se délassèrent au point que personne ne mit longtemps à s’endormir.



Le soleil s’était levé depuis un bon quart d’heure lorsque Sengann ouvrit les yeux. Il avait mal à la tête et se rappelait avoir bu plus que de raison avec les guerriers de l’escorte de la caravane. Repensant à la veille, il se leva d’un bond ; tous étaient partis, seul un poignard en ivoire à la fusée finement entrelacée de lanières de cuir et au pommeau en acier était planté dans le sol près de l’endroit où il avait dormi. Il ramassa l’arme puis l’examina. C’était du bel ouvrage, une arme bien équilibrée dont la longue lame en ivoire tranchait comme le meilleur acier qui lui avait été donné de voir. En outre c’était un précieux don, le coût d’une telle arme devait être exorbitant. Sengann la glissa dans sa ceinture. Aussitôt il s’empressa de courir à l’extérieur puis sans faire de bruit se faufila dans la demeure familiale et prépara à la hâte une besace dans laquelle il entassa tout ce qui pouvait lui sembler utile pour le périple qu’il envisageait. Il était bien décidé par un moyen ou un autre à rattraper la caravane et Arzhul le Gaiscedach au visage tatoué. Après s’être emparé de la veste de cuir que sa mère lui avait patiemment confectionné durant de longues semaines il ressortit sans le moindre bruit et se dirigea vers l’enclos des Finkhs, il lui fallait à tout pris une monture rapide ; il savait qu’il se rendrait coupable d’un vol aux vu des codes de son Tuath mais il savait aussi qu’il reviendrait un jour payer sa dette..."

31 octobre 2005

Samain, le passage

Demata !

En ce 31 octobre, quoi de plus normal que de traiter de Samain, l’une des principales fêtes celtiques, si ce n’est la plus importante, dont la résurgence sous le nom d’halloween montre à quel point les traditions celtiques païennes sont restées ancrées dans notre société moderne.

Le culte des morts est aussi ancien que la race humaine. Les Celtes envisageaient la mort non comme une dissolution de l'être, mais comme un simple changement d'existence. « Les druides, raconte César, veulent surtout persuader que les âmes ne meurent point, mais que des uns elles passent à d'autres après la mort ; ils pensent que c'est par cette croyance que principalement on excite le courage en ôtant aux hommes la crainte de la mort »

Mais Samain c’est la « réunion », le moment où le monde des vivants s’ouvre à celui des morts ou au Sidhe, l’eld monde, contrée des dieux, celui où le passage est possible. Samain est la nuit qui symbolise la frontière de l’année passée avec le premier jour de la nouvelle année. Samain marque le début de la période sombre, l’hiver où les jours raccourcissent. La fête est marquée par de grands festins imitant ceux des dieux où l’on ne manque de rien et à l’image des banquets éternels qui attendent les braves après la mort. Elle dure une semaine pleine, trois jours avant, et trois jours après. La mort n’est pas une finalité, il ne faut pas en être effrayé.

"Toujours jeune, toujours beau, couronné de fleurs, le guerrier celte passait ses jours, entouré de femmes magnifiques, dans de longs festins où la bière ne cessait de couler et où la viande de porc ne manquait pas. Jamais il ne s'élevait de contestations pour savoir à qui devait revenir le meilleur morceau. Les combats étaient au nombre des plaisirs du peuple des morts ; les guerriers étaient armés d'armes éclatantes ; ils brillaient de l'éclat de la jeunesse ; les batailles étaient plus acharnées et plus terribles que chez les vivants et des fleuves de sang coulaient dans la Grande Plaine. Ainsi le Celte retrouvait dans l'autre vie tout ce qu'il avait aimé sur la terre, la musique, la bonne chère et la guerre."

La littérature irlandaise relate le passage de héros illustres dans le Sidhe, il s’effectue généralement à bord d’une barque qui les conduit par delà les mers, généralement sur des îles à l’image de ce qu’est le paradis pour les celtes. On apercevait une grande tour transparente aux contours indécis ; dans les ouvertures des créneaux apparaissaient des formes qui ressemblaient à des hommes. Au delà de la tour s'étendaient des plaines fertiles plantées d'arbres étranges. Quelques-uns avaient des branches d'argent auxquelles pendaient des pommes d'or. Quand on heurtait ces pommes les unes contre les autres, elles produisaient un son si harmonieux qu'on ne pouvait l'entendre sans oublier tous ses maux. Au pied des arbres coulaient des ruisseaux de vin et d'hydromel. La pluie qui rafraîchissait la terre était de bière. Les porcs qui paissaient dans la plaine renaissaient, une fois mangés, pour de nouveaux festins. Partout une agréable musique flattait l'oreille et ravissait l'âme par ses douces mélodies.


Le cérémonial de Samain vise aussi à honorer les Ancêtres et à établir un contact avec les disparus, considérés comme source de conseil, de sagesse et d’inspiration, car pour la traversée de la période obscure qui s'annonce, il nous faudra une lumière qui éclaire nos pas. C'est pourquoi, à cette période où la Porte est ouverte, nous pouvons solliciter d'être guidés par des Ames supérieures.

Alors ce soir en vous enivrant et en dansant, déguisés en monstres et autres revenants, songez-y…

26 octobre 2005

Le forgeron, être mystique


Demata !

Le forgeron est un personnage incontournable de la société celtique. Bien souvent il est considéré comme un être aux pouvoirs magiques qui détient ses secrets des dieux. Il est craint et respecté et c'est bien normal car c'est un des personnage centraux de la vie quotidienne. Sans le forgeron, pas d'arme pour les guerriers, pas de serpe ni de chaudron pour les Druides, pas de clous ni d'outils pour les charpentiers, pas de soc pour les charrues, pas de fibule pour retenir les manteaux ni de torque pour le cou des braves.

Le forgeron fait partie de la classe productrice et là on voit la relation de dépendance qui existe avec celle des guerriers et bien entendu celle des Druides, la classe sacerdotale. C'est un individu au rôle si important qu'il a dans la mythologie Irlandaise un dieu pour représenter son caractère quasi divin. Il s'agit de Goibniu, qui n'est autre que le fils de Dana elle-même. Symbolique intéressante si l'on considère que la déesse primordiale représente la terre et le forgeron celui qui transforme le minerai en métal dont on fait armes et outils mais aussi ustensiles en tous genre.

Dieu Forgeron des Tuatha De Danaan et Chef des artisans métallurgistes, il est responsable de la fabrication des armes magiques pour les dieux, les héros et les druides. Grâce à son marteau magique, il peut fabriquer une épée ou un javelot parfait en trois coups. Lors de la « Deuxième bataille de Mag Tured », il est blessé par la lance de Ruadan(Dans la mythologie celtique irlandaise, Ruadan est le fils de la déesse Brigit et du roi Bres , il est donc également apparenté aux dieux des Tuatha De Danaan... ) , fils de Brigit et du Formoiré (Dans la mythologie celtique irlandaise , les Formoires sont des êtres inhumains et maléfiques.) Bres , mais un bain dans la Fontaine de Santé le guérit. Là on note que Ruadan avait été envoyé par les Formoirés pour espionner l'art ô combien mystique et les secrets de sa forge et de son armurerie. Ses frères sont Credne le bronzier, là aussi au niveau de cette fraternité on perçoit le lien unissant les deux activités, et Luchte le charpentier, idem.

Il est aussi, dans le Sidh, c'est-à-dire l’Autre Monde celtique, le brasseur de la bière et le serviteur des autres dieux au Festin d’Immortalité, le fled Goibnenn. Comment retraduire cette relation avec l'immortalité dont il est fait mention ? Peut-être est-ce dû au fait que le métal est forgé dans la sueur et la douleur, le sang étant mêlé au métal lorsqu'il est travaillé, l'âme de l'artisan est liée à l'arme. L'arme étant utilisée pour ôter des vies, le lien entre l'être mystique qui l'a conçue et la victoire associée à la qualité de l'arme et à la fureur guerrière n'est pas difficile à établir. L'équivalent gallois de Goibniu est Gofannon, son nom signifie forgeron.

20 octobre 2005

Nemedia le retour !

Demata !

Voilà, la seconde édition des Ballades Oniriques est finie. Bilan très positif si l'on prend en compte que durant le même week end avait lieu à Paris le Monde du Jeu et que malgré ce doublet, nous avons reçu la visite de plus du double de rôlistes que l'année dernière.

Bilan positif encore si l'on regarde un instant les prises de contacts qui se sont faites entre auteurs, illustrateurs, associations, créateurs de jeux de rôles et éditeurs qui étaient présents.

Niveau initiation au jeu de rôles, pas de problème non plus, les tables ont été assaillies et malgré l'entrain et la bonne volonté des six meneurs officiant, plusieurs autres tables auraient été nécessaires. La nuit du jeu de rôles aussi a été une réussite à laquelle nous ne nous attendions pas autant. En effet les dernières parties, se sont terminées aux alentours de cinq heures du matin.

Donc merci à tous de vous être déplacés et pour votre participation. Merci à Almerduin et à l'atelier Calfwech't d'avoir soutenu mon action pour cette seconde édition, sans vous je crois bien, que j'aurai un peu été débordé.

Nemedia, le retour !

Mais puisque je suis dans les remerciements, je ne m'arrête pas en si bon chemin. Merci à Ice et Zephiriel des Editions Iceberg de la confiance qu'ils m'ont témoignée, de leur amitié et avant toute chose, de leur professionnalisme.

Ca y est, après six mois de discussions et de négociations, le contrat vient d'être signé avec les éditions Iceberg qui vont publier la nouvelle version de Nemedia, "Nemedia, la voie d'Ogma". C'est une grande satisfaction que de voir son travail reconnu. Cette nouvelle version comme je l'ai déjà dit dans un article précédent sur ce blog ( //http://nemedia.blogspot.com/2005/09/nemedia-nouvelle-version.html) sera vraiment différente de la première. J'y travaille déjà depuis plusieurs mois avec mes collaborateurs et nous espérons vraiment que Nemedia sera un petit bijou, autant dans son contenu que dans sa réalisation et sa présentation qui devraient charmer plus d'un. Sans dévoiler de grands secrets, le système de jeu sera totalement différent. Les textes et le background sont réécrits et encore plus développés mais en même temps simplifiés pour que la thématique celtique abordée soit vraiment accessible à tous même ceux pour qui le sujet est absolument inconnu. Au niveau des illustrations, ceux qui sont venus aux Ballades Oniriques ont eu la chance de voir en avant première, l'écran de jeu ainsi que plusieurs planches intérieures du jeu (Yohann Le Lay, Gildas Javel et Eowyn, Nar étant malheureusement absent). Notons aussi la participation exceptionnelle de mon ami Erwan Seure Le Bihan qui spontanément, en parallèle avec ses publications chez Coop Breizh a spontanément proposé ses services et va nous réaliser quelques illustrations tout bonnement démentielles. Des textes d'auteurs tels que mes amis Bruno Geneste (poête breton et ancien patron des éditions Blanc Silex ainsi que Savi Goddefroy l'auteur des deux volumes de l'excellentissime "Codex de la Flamme")

Présenter son travail est toujours une tâche assez difficile. Comment parler de Nemedia en étant objectif alors que cela représente presque quinze années de recherches, de notes, d'écriture, de rencontres, d'échange et de passion. Nemedia est un jeu de rôles, soit, mais c'est un univers, une encyclopédie, un livre de géographie, un livre d'histoire, un recueil de légendes des diverses nations celtiques (retravaillées il faut le dire), une étude théologique. C'est aussi des nouvelles et de la poésie, des clins d'oeil et des références à l'heroic fantasy originelle mais aussi un gros roman épique, "la Geste des Fianna" qui n'est que le début d'un série que j'ai tout naturellement intitulée "Chroniques de Nemedia".

Lorsque j'ai entrepris de créer Nemedia, j'ai voulu apporter une petite touche personnelle à l'univers rôliste en me faisant plaisir et en utilisant la thématique des légendes celtiques qui rappelons le depuis "Légendes" en 1984 n'avait jamais été réemployée.Nemedia est basé sur l'aspect narratif du conteur, une expression de la tradition orale celtique. C'est un jeu d'aventure avec de nombreux secrets, le croisement de peuples de cultures variées aux croyances diverses, aux craintes tribales. C'est un univers sombre et violent mais poétique et frais. Curieusement c'est un monde très proche du notre, les conflits ethniques et les intrigues politiques (le jeu des maisons) sont omniprésents.

La religion est un aspect que j'ai pas mal développé aussi, tout comme des notions comme le respect des codes, le respect d'autrui, le culte des ancêtres…Amis fan de merveilleux et de magie, vous ne serez pas en reste, il y en a pour tous les goûts. C'est ainsi qu'au détour d'une forêt aux arbres plusieurs fois centenaires, peut être serez-vous la proie des facéties tumultueuses de korrigans. Mais la magie c'est aussi la présence des mythiques Tuatha De Danann, que les humains ont déifiés après avoir oublié, 800 ans après la "Grande Désolation" que c'étaient de véritables êtres de chair et de sang exilés dans les replis secrets du Sidhe.

Comme dans tout jeu de ce type, il y a bien entendu un "grand méchant", si l'on cherche bien et que l'on décrypte la symbolique, il ne sera pas trop compliqué de trouver les clefs indiquant que c'est l'homme, pour sa cruauté, sa jalousie, sa vanité, sa concupiscence… Mais c'est bien entendu des créatures surgies d'un autre âge, les Formoirés, démons hyperboréens, qu'il faut apprendre à craindre, car toute légende à toujours un fond de vérité… Heureusement le chant des bardes, les cornes d'hydromel et le sourire des enfants sont là pour nous faire rêver.Enfin, je ne sais pas si j'ai été très clair, car il y aurait mille choses à dire, mais mieux vaut constater par soi même non ?

En dernier point (hé hé) j'ajouterai que les férus de combat et de boucherie en tous genres risquent d'être surpris, Nemedia n'est absolument pas axé sur la bagarre : Gros bills s'abstenir.

06 octobre 2005

Ballades Oniriques 2005

Demata !

Comme vous aurez pu le remarquer, le blog n'a pas été mis à jour depuis quelques temps, mais ce n'est ni un oubli ni car je n'ai plus de sujet à vous proposer. La raison est simple, la réécriture de Nemedia et l'organisation d'un événement dont je suis à l'origine avec tous mes potes : les Ballades Oniriques !

En marge du Monde du jeu, peut-être plus proche de chez vous si vous n'allez pas à Paris, Le 15 et 16 Octobre, Les Ballades Oniriques ouvrent leurs portes !

Pour cette seconde édition qui sera, à n'en pas douter, trés fastueuse, je vous propose de venir nombreux afin de partager le rêve et la passion (oui ça existe encore )
Les Ballades Oniriques, c'est un salon dédié à l'imaginaire sous toutes ses formes, bédé, roman, jeux de rôles, cinéma, conte etc.De nombreux auteurs seront présents ainsi que des illustrateurs de renom, des créateurs de jeux de rôles et des éditeurs. Une exposition de planches de bédé, d'illustrations et d'oeuvres picturales sera visible. Un débat dont le sujet "de la littérature au jeu de rôle" permettra au public d'intervenir en s'adressant à des auteurs professionnels et des créateurs de jeux de rôles. Cette année le thème est Jules Verne et Pyromago l'auteur de "Aventure dans le monde intérieur" (jeu basé sur les oeuvres de Jules Verne/Conan Doyle et se déroulant à l'ère victorienne dans le milieu de l'exploration souterraine) sera présent.

Egalement présent, Gilles Servat, André Lecossois, Bruno Geneste, Erwan et Ronan Seure le Bihan, Ledroit, l'auteur du Poulpe (roman mis à l'écran pour le cinéma), une projection sur des portraits d'auteurs suivie d'une remise de prix pour le concours de nouvelles dédié au cinéma aura lieu.Erwan Seure Le Bihan présentera en avant première son nouvel ouvrage sur le légendaire celtique.




Des dédicaces seront faites sur place par les auteurs présents et des tables d'initiation au jeu de rôles seront disponibles. Après le repas du soir, nuit du jeu de rôles où les dés vont rouler et les aventures s'enchaîner. Espérons que vous viendrez nombreux et que vous apprécierez les acteurs locaux de la vie ludique et culturelle de Bretagne.
Adresse : Centre Culturel l'Ellipse à Moëlan-sur-Mer (29350)Accés :- train : gare de Quimperlé puis Moëlan-sur-mer- voiture : direction Rennes / Lorient / QuimperléTarifs : GRATUIT Horaires : du samedi 15 à 14h00 au dimanche 16 à 18h00.

21 septembre 2005

Le Bouclier d'Elcmar

Demata !

Comme vous avez pu le comprendre, la réalité de Nemedia est sombre et nébuleuse. Les hommes qui souvent sont promis à des destins héroïques et fabuleux peuvent à tout moment basculer, puis par un coup du sort ou pour amuser les dieux, sombrer dans une détresse incommensurable. Conquérant un jour, esclave un autre, tout peut se jouer en quelques secondes. Ne dit-on pas que nous sommes tous les acteurs de notre vie ? Ce fut le cas de Fitz Mac Breodan, fils de Urien Mac Breodan jusqu'au jour maudit où il découvrit le Bouclier d'Elcmar... Mais découvrez plutôt son récit, vous jugerez par vous-même.




Mon bras a été tranché, ma royauté m'a été enlevée… O dieux de mon peuple, je vous remercie d'avoir été si bienveillants avec moi. Plus que la vie c'est mon honneur que j'aurai pu perdre et jamais aucun de mes descendants n'aurait évoqué mon nom avec fierté. Pour tous je suis mort au combat, effaçant les fautes d'une vanité qui n'était pas mienne… Vous m'avez pris ce bras mais grâce à vous j'ai retrouvé la face et même si je ne suis plus suzerain de mon tuath, c'est avec ravissement que je vous honore.

Je suis Fitz Mac Breodan, fils de Urien Mac Breodan, descendant de Uaithne et Niahm du clan des Sangliers Rieurs, eux même descendant de Ruadh Ar Arzel, huitième fils de Nemed. Toute ma vie n'a été que combat pour l'honneur des miens, le respect de nos traditions et la protection de la Pierre du Foyer de mon tuath. Plus de vingt fois sept Gaiscedachs auraient pu mourir sous mes coups ou finir avec au cou le collier des esclaves, avec pour seul fierté, celle de pouvoir encore pleurer leur liberté passée. Au lieu de cela, à tous, selon les codes de nos ancêtres, je leur ai accordé la fraternité de l'épée. Reconnaissants et en leur âme et conscience, avec leurs suivants ils ont rejoint les rangs de mes guerriers. Tout au long de ma vie, j'ai fait mes offrandes à Dagda, Morrigan et j'ai offert des présents aux Druides, même à ceux des peuples que j'avais dominés. Les seules têtes qui ornaient ma demeure étaient celles des faibles qui n'honoraient pas les règles de la loyauté au combat ; les lâches, les fourbes et les traîtres. Je les ai vaincus mais n'en ai tiré aucune joie, car un roi ne tire pas son renom à écraser des serpents.

Je vous encense O Dana et Morrigan, Lugh et Creidne pour m'avoir ôté ce bras qu'un bouclier de malheur ornait. Je vous rends grâce pour ce jour béni où mon ennemi Bran Mac Slough, suzerain du Vindo Gorsedd m'a loyalement défait et que dans sa grande miséricorde, inspiré par vous, son épée a sectionné la cause de mon malheur. Car j'étais le porteur du bouclier d'Elcmar, artefact de jalousie et d'envie. Mille fois je m'étais maudit pour l'avoir trouvé et autant de fois j'ai voulu m'en débarrasser… Las, la volonté de cet artefact maléfique était bien plus puissante que celle de votre faible serviteur. Combien de fois, alors qu'il guidait mes conquêtes selon ses envies et des desseins qu'il ne m'était pas permis de comprendre, ais-je pu prendre de force les fières épouses de mes adversaires pour les soumettre. Sans regret, sans remord, juste par envie et concupiscence. Ce bouclier était ma fierté mais aussi ma damnation quotidienne… Celle de l'homme qui ne peut résister à ses plus vils instincts. Celle de celui qui guidé par les voix de démons d'un autre âge, ne pouvait faire que de servir Tanavenn. Celle qui m'a poussée à tuer mon propre frère car il s'interposait, ne cherchant qu'à me faire ouvrir les yeux.



O amputation heureuse, comme ce jour fut beau, lorsque perdant le bras porteur du malheur, j'ai retrouvé la liberté. Lorsque Bran Mac Slough m'a vaincu. Lorsque j'ai cessé de porter ce fardeau… Le bouclier d'Elcmar fut jeté au fond d'un abîme sans fond. On m'a laissé agonisant, en proie aux loups, baignant dans mon sang. Je me souviens encore, vautré dans la boue, à mi chemin du Sidhe, moribond parmi les dépouilles de mes braves… Je me rappelle cet instant de jubilation intense, quand ont défilé les cohortes du conquérant. Hordes de farouches guerriers le sourire carnassier aux lèvres, porteurs de glaives ensanglantés et de torques dorés flamboyants, leur peau tatouée et balafrée… Ils m'ont ignoré, baignant dans mon sang et dans celui de mes frères. Certains m'ont piétiné. Je ne leur en voulais pas, d'ailleurs le seul souffle qui m'habitait encore était à peine suffisant à maintenir ma carcasse en vie. Malgré cela, je jubilais de savoir que ma libération était venue. Je savais que mon royaume était perdu, que mes richesses et mes esclaves étaient celles de Bran. Mais la malédiction était levée. Aujourd'hui, je suis vieux, la vigueur m'a quittée tout comme ceux que j'ai aimés. Je vis seul au milieu des bois, me nourrissant de baies et de ce que me laissent les animaux, buvant l'eau des sources. J'erre sans fin, sans but, avec pour compagnon un corbeau et le souvenir d'un passé glorieux. Je fuis les hommes et je me terre comme un renard traqué. Mais je remercie les dieux de m'avoir libéré, je les vénère avec ferveur pour m'avoir rendu le droit de choisir ma destinée… Je sais que le Sidhe sera bientôt mon prochain séjour, enfin je retrouverai mes frères. Enfin nous chevaucherons à nouveau dans les plaines verdoyantes, enfin ils pourront me pardonner.

19 septembre 2005

Nemedia nouvelle version


Demata !


A ce jour, en plein travail de réécriture de Nemedia avec quelques fidèles amis, je m’aperçois que le Nemedia voie d’Ogma va être bien meilleur que je ne l’aurai espéré. Tout au début, je ne pensais pas qu’après plus de dix ans d’écriture sur le sujet je pourrai apporter de grosses modifications à ce jeu. Je m’étais trompé et j’avoue humblement que je suis très satisfait de la tournure que prend le projet.

Les habitués de Nemedia vont être agréablement surpris par pas mal de modifications. Déjà le système de jeu qui est basé sur un tirage de Glyphes à la façon des tirages de runes. Ca nous en avions déjà parlé lorsque nous avons donné quelques informations sur l’Ogma système. Mais attention, que l’on ne s’y trompe pas, il n’y a pas que la méthode de création des personnages ou les résolutions d’action qui vont changer !

En effet, en retravaillant les textes du premier livre, toutes les informations que j’ai présentées dans les articles du « Blog des Contrées chimériques Celtiques » me sont revenues à l’esprit. De ce fait j’en ai profité pour donner encore plus de cachet à ce que je modifiais allant jusqu’à totalement modifier certaines données, notamment quant aux peuples que peuvent interpréter les joueurs.



Pourquoi modifier ce qui est déjà existant ?
Très simple. Dans le but de « receltiser » encore plus Nemedia et de lui donner une image nouvelle. Le but de la nouvelle édition n’étant pas de faire un « copier coller » de la précédente version, mais bien de donner à ce jeu un tout nouvel aspect avec des changements qui en feront un nouveau jeu. Les habitués y trouveront leur compte et des surprises de taille, alors que les nouveaux joueurs ainsi que les amateurs de l’ancêtre « Légendes » seront certainement charmés.

Les erreurs passées ont été un bon enseignement. Elles servent à améliorer Nemedia en lui apportant, d’une part une approche plus simple pour les néophytes et également un enrichissement du background comprenant une facilité de lecture grâce à une présentation plus légère et mieux adaptée.

Lorsque je parle de présentation plus adaptée, je veux dire par là qu’elle sera plus fluide, plus agréable, mais aussi que le « design » va changer. De nouveaux illustrateurs travaillent sur le projet et les supports visuels seront totalement changés. Amateurs de belles illustrations, apprêtez-vous à de belles surprises ! Amateurs de bandes dessinées, attendez-vous aussi à quelques petites gâteries, mais ceci si vous le voulez bien, j’en reparlerai en temps et en heure.

En dernier point, je tiens à remercier les potes Bretons de l’atelier rôliste Brestois Calfwech’t pour leurs réalisations et pour l’organisation du travail sur cette nouvelle version. Comme quoi des fois le bouche à oreille et la passion sont des atouts que l’on néglige un peu trop !

17 septembre 2005

Les origines de Breas le Beau

Demata !

Il n'y a pas si longtemps, je vous ai parlé de la rencontre de Streng, héros des Fir Bolg et de Breas, celui du peuple Tuatha De Danann. Aujourd'hui, je vais vous raconter la naissance de Breas le Beau. Je reviendrai ultérieurement sur cet étonnant personnage afin de vous conter le récit de la seconde bataille de Moy Tura et aussi celui de "Nuada au bras d'argent" car ils sont en fait étroitement liés.

L'histoire sombre et tortueuse de Breas nécessite que l'on s'intéresse de plus près à ses origines afin de mieux apréhender certaines particularités qui nous donneront des éclaircissements sur les événements funestes qui advinrent.

En la forteresse de Maeth Scene, la magnifique Eri, fille d'un noble Tuatha De Danann, observait l'océan. Les flots étaient calmes et la surface de cette immensité marine, aussi lisse qu'un miroir. Poussé par des vents magiques, un navire d'argent se profila à l'horizon et glissa dans le calme jusqu'au rivage au pied de la citadelle. Lorsque le navire accosta, Eri apperçu à la proue du vaisseau un jeune homme qui se tenait droit et fier. Il était plus beau qu'aucun dans son pays et sa chevelure dorée s'étalait sur ses robustes épaules comme une crinière. Son manteau et sa tunique étaient brodés de fils d'ors ; il portait deux lances d'argent aux poignées de bronze et son cou étit orné de cinq cercles d'or.

Le prince inconnu, sauta et sans hésiter, gravit les escalier menant à la chambre d'Eri. La princesse Tuatha De Danann qui jusqu'àlors s'était toujours refusée aux hommes les plus vaillants et séduisants de son pays, fut saisie d'un malaise qui fit fondre son coeur et la poussa à offrir sa couche à l'inconnu. Tous deux étendus, ils se laissèrent aller aux délices de l'amour et de la chair. Après de sublimes moments passés ensemble, vint l'instant du départ et Eri se mit à pleurer. Deux peines emplissaient sont âme et la chagrinaient ; celle de devoir se séparer, puis celle de ne pas savoir quel était le nom de son amant. Pour la consoler, le jeune homme ôta de son doigt un anneau d'or gravé des symboles de sa race et de son rang et l'offrit à Eri. Il se présenta alors comme étant Elathan, fils de Delbaeth, Roi des Formoir et en refermant les doigts de la jeune femme sur l'anneau lui fit une dernière recommandation.

"Ne te défais jamais de cette bague, ni par vente, ni par prière, ormis si c'est pour la glisser au doigt de celui à qui elle revient de droit."

Puis, se dérobant au regard d'Eri, Elathan ajouta : " Dans neuf mois naîtra de nos ébats un fils dont tous reconnaîtront la beauté et la magnificence, tu le nommera Eochaid Breas, ce qui signifie "le Beau"."

Avant qu'Eri n'ait pu répondre, Elathan avait réintégré son flamboyant navire qui déjà glissait sans bruit à la surface des flots sans vague vers l'horizon. Les prédictions du Formoiré s'accomplirent et lorsque le temps fut venu, Eri donna naissance à celui qu'elle nomma "Breas" qui comme son père l'avait dit devint le jeune homme le plus beau et le plus fort du pays.

Après la première bataille de Moy Tura, par des circonstances que nous verrons plus tard, Breas fut choisi par les Tuatha De Danann pour régner. Tous lui prêtèrent allégeance et lorsque la couronne fut posée sur son crâne, la Lia Fail se mit à vibrer puis gronder si fort que toutes les pierres levées de la Moy Tura se mirent à gémir... Terrorisée, la Tribu de Nemed se prosterna. Seul Breas vit ce que sa nature Formoiré lui permettait d'apercevoir : La monstrueuse silhouette encornée de Cernunnos tenant d'une main le torque de la royauté et de l'autre Crom Cruach, le dieu Serpent, le ver abominable au mille contorsions. Ses cornes étaient enflammées et ses yeux emplis de sang.



Breas avait vu que son règne serait maudit par le carnage et le sang, les Fir Bolg n'oublieraient pas la défaite de Moy Tura et il serait vain de résister à l'Oeil Mauvais de Balor auquel aucun homme ne devrait jamais se fier s'il ne voulait être corrompu par son pouvoir et perdre sa volonté propre.