25 avril 2007

11. De la naissance de Nemed et des premiers humains (part 2)

Les paroles de Nemed résonnèrent à Brug Na Boyne à la façon d’un glas sinistre dont tous devinèrent la signification. Il advint même que la magie du vent charria ces mots jusqu’aux oreilles de Morrigan, de Cernunnos et de Balor…Chacun s’en retourna le cœur lourd et l’âme en peine. Mais, Dagda qui était le dieu bon accueillit cependant Nemed en sa demeure et le convia à rester tant qu’il le désirerait. Car l’hospitalité ne doit pas souffrir les maux de l’appréhension, mon enfant, mais toujours honorer celui que tu reçois, c’est ainsi que l’humilité te placera sur le trône des plus grands. Néanmoins, la fatalité venait de prendre pied sur la terre médiane…

Nemed fut traité comme s’il avait lui même été un Tuatha De Danann. Il n’était pas si différent des Premiers enfants du Créateur. Graal lui avait concédé intuition et connaissance, Dana, tempérance et sensibilité. Le Premier humain montra à tous à quel point il était érudit et à même de rivaliser avec les Premiers nés dans toutes les disciplines.

Son adresse et son intelligence ne cessaient d’impressionner Dagda qui lui vouait un amour sans pareil. Au grand bonheur de tous, il considéra Nemed à l’égal de ses enfants et eux-mêmes comme un de leur sang. Et bientôt, mon jeune ami, Nemed épousa Brigitt qui était tombée sous le charme de son excellence. De cette union naquirent les Fils de Nemed qui formèrent très rapidement un peuple à part entière tant leur faculté à se reproduire était importante. Nemed régnait sur les siens comme le Dagda le faisait sur les races aînées, avec sagesse et équité.

22 avril 2007

10. De la naissance de Nemed et des premiers humains. (Part 1)

Afin de célébrer la magnificence d'une telle offrande, Dagda et Dana donnèrent le plus fabuleux banquet qui soit. Chaque enfant de la création fut convié à Brug Na Boyne afin de partager le bonheur du couple divin et rendre grâce au talent des deux frères.

Balor et Morrigan n’avaient pas été oubliés, mon enfant. Car ils étaient dans le cœur de chacun. De nombreux messagers furent dépêchés au quatre coins de Nemedia pour les prévenir que les festivités seraient illuminées de leur présence, que tous espéraient les voir. Las, ils furent les seuls enfants de la divine assemblée qui ne se présentèrent pas. Dagda fort humilié de l'absence de ses deux enfants en prit ombrage et il fit part à Dana de son intention de les répudier pour ne pas s'être montrés dignes du reste de leurs hôtes.

Les festivités eurent lieu et chaque convive aussi anonyme soit-il, fut accueilli et reçu avec les égards que sont en droit d'attendre les plus illustres personnages. Les mets les plus fins et les vins les plus délicats provenant du fabuleux chaudron assouvirent les appétits les plus démesurés sans que jamais personne n'ait à se plaindre. Jusqu'à ce que tous soient rassasiés, les Premiers nés distribuèrent à boire et à manger ; le chaudron fabuleux était bien le symbole de la prodigalité.

Cependant O mon fils, Dana, que la résolution de Dagda avait ébranlée au plus haut point, ne put se retenir de pleurer malgré l'allégresse emplissant Brug Na Boyne. Portant en elle tout le chagrin de Dana, une larme roula sur la joue d'albâtre de la Tuatha De et finit sa course dans Graal. Alors, le plus insolite et prodigieux événement se produisit. Au milieu même des nombreux convives qui venaient se sustenter, surgit du chaudron d’abondance le Premier Humain. Image vivante de Bran Notre Créateur à Tous. A l’évidence à l’image d’un futur qui se voudrait sombre, le premier homme était né de la tristesse de Dana et de la Magie de Graal.

Tout comme ces mots que je te dis, la nature singulière de cette naissance extraordinaire stupéfia la fabuleuse assemblée. Dagda demanda à la créature qui elle était et ce qu’elle faisait en cet endroit. Alors, mon enfant, sortant de Graal, elle s’agenouilla avec déférence devant les yeux ébahis de l’assemblée divine et répondit en toute simplicité :

« Je suis Nemed le Premier. Je suis Espoir et Tristesse. Je serai à tout jamais le serviteur des Tuatha De Danann et le protecteur de cette terre contre la fatalité des événements que mon arrivée engendrera. »

18 avril 2007

9. De la création de Graal

L’arrivée des Gruagachs, grâce auxquels il était dorénavant possible de fondre et de former les métaux, améliora considérablement le bien être des enfants du Créateur. Goibniu et Creidne démontrèrent une joie et un plaisir évident à accompagner derniers nés dans leur œuvre tellurique. O, mon enfant, tu aurais vu quel épanouissement illuminait les deux frères ! Ils, portaient un intérêt nouveau sur toutes les merveilles dont regorgeaient les entrailles du monde. L’art et la science des fils de la terre accrurent leur créativité innée et permit de sublimer leur inspiration par de multiples procédés.

Les deux Tuatha De Danann devinrent alors maîtres incontestés de la science des minéraux et de la métallurgie. L’art de la forge était leur discipline de prédilection. Expérimentant la mutation des minéraux, les deux frères conçurent ce que tu connais sous le nom d’argent et d’or. Avec un savoir-faire croissant, ils se lancèrent dans l'exécution d'artefacts et de bijoux à la perfection sans égale.

Les deux frères rivalisaient d'ingéniosité et d'adresse pour concevoir des objets plus magnifiques les un que les autres. C’est ainsi, mon fils, que dans un souffle d’imagination jusqu’alors sans égal, allait apparaître la merveille absolue. Amour, joie, poésie, savoir et nombre des sciences connues des trois races originelles furent combinées dans la réalisation suprême pour laquelle sueur et sang coulèrent dans le secret le plus absolu…

Ainsi offrirent-ils à Dagda et Dana le fruit de l'accomplissement d'un labeur sans limite. Ce présent symbolisait la connaissance et concéderait richesse du corps et de l'esprit à tous ceux qui viendraient s'y nourrir. Oui mon fils, Goibniu et Creidne avaient conçu Graal, le chaudron d'abondance qui jamais ne se tarirait. L’objet fabuleux prodiguerait à jamais plénitude et réconfort de l’âme.

02 avril 2007

8. De la naissance des Gruagachs

Satisfait des relations existantes entre les deux peuples, Bran lors de ses rêves passait de longs moments sur la terre médiane. A chacune de ses venues, les Premiers nés et la seconde race aînée déployaient des trésors d’ingéniosité pour encenser comme il se doit celui sans qui ce royaume n’existerait pas. Festins et banquets aux accents bucoliques animaient les enchanteresses cités Tuatha De, emplissant le monde des douces notes de la harpe magique que rehaussaient les choeurs célestes des enfants magnifiques de la création. Le Créateur était accueilli avec les attentions et le faste qui s'imposaient, Nemedia baignait dans l’euphorie.

O mon enfant, tu aurais vu comme l'équilibre qui régnait pouvait métamorphoser la plus infime des créatures au rang de merveille unique. Bran était si satisfait de voir à quel point ses enfants étaient en harmonie avec Nemedia que dans un élan de liesse, et car il désirait offrir à tous ses enfants la possibilité de contempler la magnificence des contrées chimériques, Notre Père à Tous créa les Gruagachs.

Il imagina un peuple robuste et courageux qui sculpterait les montagnes en de sublimes palais d’où il serait possible à tous de poser le regard sur l’ensemble de la création. Alors, enfant, arrivèrent les Gruagachs auquel le Créateur confia la roche. Aussi massifs que le roc qu’ils travailleraient et suffisamment petits pour se glisser dans chaque faille afin d’aller y graver de leur subtil art les symboles de leur puissance, les membres de la troisième race surgirent du sol. Gris comme la roche, leur peau aussi dure que le granit, leurs yeux étaient d’émeraudes et leurs fronts rehaussés de gemmes. Car dans sa grande bonté, le Créateur ne voulait pas que ses derniers enfants puissent avoir honte de leur physique, il leur fit le don de la fierté mais aussi la connaissance des secrets de la terre.

Infatigables et soucieux de répondre aux attentes de leur père, amoureux de leur œuvre sans fin, les Gruagachs ciselèrent chaque pouce de ce divin présent qu’était pour eux la pierre. Ainsi mon fils, les petits êtres, sous les regards pleins d’admiration de leurs aînés, accomplirent-ils le travail titanesque qui ennoblit la terre médiane d’une nouvelle parure pour laquelle ils gagnèrent l’amour de tous.

28 mars 2007

7. De la naissance des Korrigans (part two)

De la naissance des Korrigans (part 2)
Diancecht quant à lui, mon fils, partit un temps dans le domaine des Korrigans. Entouré des petits êtres malicieux, il se plongea dans de nouveaux préceptes. Car bien que les petits êtres étaient prédestinés à la plaisanterie et aux pitreries sous toutes leurs formes, leurs connaissances étaient grandes en de nombreux domaines. Le savoir de Diancecht de la médecine déjà fort considérable, s'accrut par l'enseignement des secrets qu'ils lui dispensèrent, lui révélant les effets des plantes sur le corps.

Mais l’apport des Korrigans fut bien plus considérable… Alors Brigitt, Nuada et Lug vinrent à s'intéresser à l'art mystérieux de la poésie que les Korrigans savaient fort bien manier. Le Petit peuple l’utilisait avec adresse pour donner une dimension irrésistible à la comédie. Les Tuatha De Danann éprouvèrent pour cet art subtil et raffiné un engouement partagé. Ainsi, l'art de la poésie s'institua en une érudition indispensable que chacun utilisa par la suite comme moyen de communication.

Du miracle des mots et de la puissance libérée par la signification profonde des forces qui s'y rattachent apparut une science nouvelle dont le nom est Magie. Korrigans et Tuatha De Danann comprirent que le verbe pouvait transformer la matière et produire des métamorphoses prodigieuses.

Ce fut l'âge d'or de Nemedia où fraternité et partage étaient les bases de tout échange et les Korrigans offrirent à Dagda la harpe aux trois accords. L’instrument avait la faculté de faire rire ceux qui entendaient les accords de la joie. Elle pouvait plonger l’assistance dans la tristesse et les pleurs en jouant les accords de la mélancolie et pouvait conduire tout auditoire dans le sommeil le plus profond grâce au chant de l’endormissement.

Dagda fut fort satisfait de ce présent et immuablement jouait avec plaisir les accords de la liesse pour que tous soient heureux. Mais, mon jeune ami, malgré tous les efforts déployés, Morrigan ne trouvait toujours pas le repos, ni même aucun réconfort à même de lui faire oublier sa faute.

Les Korrigans maîtres dans l'art de la farce déployèrent des trésors de malice pour tenter de faire sourire la Tuatha De qui semblait plongée dans les brumes éternelles de l'accablement. Aucun ne parvint à la sortir de l'alanguissement causé par le départ de Balor. Morrigan partit alors et quitta le reste du Tuathan pour vivre isolée dans l'immensité de la forêt primordiale, là même où elle avait abandonné son fils Cernunnos.

24 mars 2007

6. De la naissance des Korrigans (part one)

De la naissance des Korrigans (part 1)

Je te raconte tous ces événements, mais tu dois te demander ce que Notre Père à Tous ressentait à la vue de ce qui se déroulait en Nemedia. J’y viens, ne t’inquiètes pas, nous avons tout le temps. Bran, qui lors de ses rêves revenait encore fréquemment en Nemedia fut attristé par le drame qu’éprouvaient ses enfants bien aimés.

Affligé de ne n’avoir pu éviter le dénouement que tu connais, le Créateur décida qu’il n’était pas trop tard pour corriger sa négligence et adoucir la vie des enfants de Dagda. Aucune ombre n’aurait jamais dû ternir cette vie qu’il voulait parfaite en Nemedia. La seule arme digne d’endiguer la mélancolie serait le rire. Bran donna alors vie aux Korrigans pour égayer les Tuatha De Danann, car la peine du peuple originel ne devrait plus être.

Ainsi, pas plus haut que de jeunes enfants, le crâne oblong couronné de crinières rousses dont pointaient leurs étranges oreilles en pointe, de larges sourires dévoilant de grandes bouches entourées de duvet gris, le visage constellé de tâches de rousseur et surtout de gigantesque yeux noirs reflétant la malice et la gaieté, les Korrigans primordiaux vinrent peupler la terre médiane.

Les Premiers nés trouvèrent joie et réconfort en la compagnie enjouée et légère de ce peuple singulier qu’aucune situation, aussi fâcheuse soit-elle, ne semblait jamais devoir assombrir. La présence nouvelle des Korrigans en Nemedia vit fleurir une amitié sincère avec le peuple Tuatha De Danann. Les évènements tendraient à prouver qu’elle serait durable et avec l’arrivée du Temps, se consoliderait au fil des siècles. Oui mon jeune ami, avec l’arrivée du Temps… Car tous ces récits que je te conte eurent bien lieu, mais la Chimère est intemporelle et sa réalité est différente de celle que tu connais.

Ainsi Tuatha De et Korrigans vécurent ensemble et partagèrent sciences et savoir dans la joie et la bonne humeur. Les deux peuples oeuvrèrent de concert pour que le Créateur ne soit jamais déçu. Sous la férule d’Ogma qui avait pensé qu’il serait agréable de tracer chaque événement marquant l’existence pour les générations à venir, ils élaborèrent les bases de l'écriture sacrée qu'ils baptisèrent Ogharune.

20 mars 2007

5. De la faute à Morrigan

Ainsi, mon jeune ami, Balor choisit de s’isoler, car la compagnie des siens l’irritait. Il ne voulait plus avoir à sentir leurs regards emplis de compassion : cet amour sans borne le rebutait plus que tout. Le disgracieux Tuatha aimait contempler l’océan et restait souvent sur la grève balayée par le vent à rêvasser à ce qu’il pouvait y avoir au-delà de cette immensité aquatique. Il aurait aimé ressembler à Manannan et sillonner les mers pour découvrir de lointaines régions ignorées. En cela il enviait ce frère dont le royaume s’étendait à perte de vue et bien au-delà de ce qu’il est possible d’imaginer.

Morrigan à la rouge chevelure se sentait attirée par Balor. De tous les Tuatha De Danann, elle était la seule à arborer une différence qui, si elle n’était pas comparable à sa difformité, la rapprochait suffisamment de son frère pour être plus intime avec lui. Elle aimait à le rejoindre sur les rives de ce que les enfants du Créateur appelaient « le Bord du Monde ».

La complicité qui les unissait se transforma en passion. La passion se mua en amour. Cernunnos aux bois de cerf naquit de cette union. Tout comme son père, étrangement, Cernunnos était atteint d’une malformation inexplicable. Le crâne de l’enfant était orné de cornes aux ramures d’os qui le rendaient effrayant. Mi Tuatha De Danann, mi bête, le fils de Balor laissait entrevoir à sa mère un avenir où les peuples se déchireraient. Morrigan perçut ce signe comme un présage de mauvais augure. Bien que la fibre maternelle la Tuatha De à la rouge chevelure fut forte, elle ne supportait pas de voir son fils muni des attributs de l’Animalité.

Alors Enfant, la fille bien aimée du Dagda partit dans le plus grand secret au fin fond de la sylve primordiale, là même où les rayons du soleil ne venaient jamais caresser le sol. L’âme en peine, elle abandonna le fruit de ses amours avec Balor. Soucieuse de ne pas blesser le Tuatha De Danann, pour qui cet enfant était la plus grande joie de sa vie, elle lui dit que l’océan l’avait emporté.

Fou de douleur, Balor vola la plus magnifique embarcation que son frère Luchte venait d’exécuter pour le compte de Dagda. La rage au cœur, le Tuatha De s’embarqua sur les plaines de Manannan Mac Lir qu’il maudit mille fois, rendant responsable ce dernier de la disparition de son fils. Les flots qu’il aimait tant le portèrent si loin que tous les Premiers né, pour qui la raison de ses agissements restait incompréhensible, le crurent perdu à jamais.

O mon fils, le déchirement le plus cruel qui fût habitait Morrigan. La peine était née en Nemedia. Et son chant lancinant couvrit bientôt toute la terre médiane d’une brume si épaisse qu’il n’était plus possible d’y voir. Consciente que son mensonge lui avait fait perdre l’être qu’elle aimait le plus au monde, la Tuatha De sombra dans une mélancolie telle qu’elle n’avait plus goût à aucun des plaisirs qui autrefois l’enchantaient.

Diancecht fort érudit dans les arcanes de la médecine était fort attaché à sa sœur. Mettant toutes ses connaissances à contribution, il créa un philtre d’oubli pour que Morrigan ne pense plus à Balor. Le philtre n’eut pas les effets escomptés et Morrigan, dont les affres de la douleur avaient trop profondément affaibli la volonté, sombra dans le cauchemar, oubliant peu à peu toutes les joies que Nemedia procurat aux autres membres de la divine assemblée.

17 mars 2007

4. De la naissance des Tuatha De Danann (part 2)

De tous ses frères et sœurs, il se différenciait par une malformation déconcertante. Bien que sa chevelure soit de la noirceur de la nuit la plus profonde, détail singulier s’il en est, Balor n’avait qu’un œil. Cette étrangeté qui distinguait le puîné de l’ensemble des Tuatha De ne fut pas pour autant une raison pour qu’il soit ignoré des siens. Balor fut aimé et chéri par tous les Premiers nés car l’amour était la nature existentielle de cette entité multiple. Ainsi Balor à l’œil unique trouva t’il sa place parmi ceux qu’un jour les hommes nommeraient dieux.

Des douze Tuatha dont l’origine n’était qu’Un, naquirent bientôt nombre d’autres enfants. Tout comme les Primordiaux ils revêtaient la blancheur de l’aurore et arboraient les yeux du couchant. Avec le nombre, le peuple Tuatha De Danann s’égailla peu à peu et finit par se disperser sur les vastes étendues de la terre médiane.

Avides de connaissance, Les enfants du Dagda découvrirent la science de l’architecture. Epris d’une inventivité ingénieuse, les Tuatha De Danann érigèrent édifices et cités rehaussant la perfection de Nemedia. Mais, jamais aucun ne tenta de surpasser ce que le Créateur avait rêvé. Ainsi s’élevèrent les inégalables tours aériennes ceintes de murs d’airain aux innombrables frontons d’argent de Brug Na Boyne. En remerciement au Créateur et pour honorer Dagda, elle fut symboliquement édifiée là même où apparut le Tuatha.

Falias et Gorias, Murias et Findias furent ensuite édifiées. Soucieux de ne pas surcharger la création d’atours par trop merveilleux, les Tuatha De se lancèrent alors dans toutes les éruditions que leur inspirait la multitude des arcanes de ce monde éblouissant. Amoureux de la nature, curieux de chaque détail, épris de savoir et de découverte, les Premiers nés maîtrisèrent bientôt tous les domaines qu’ils avaient patiemment étudiés.

Dana éprouvait la fierté qu’une mère se doit d’avoir à l’égard de ses enfants. Dagda partageait ce sentiment. O mon fils, si tu avais pu voir à quel point les magnifiques enfants du couple divin étaient devenus savants. Chacun d’entre eux excellait dans un domaine qui lui était propre. Certains même étaient si passionnés qu’ils ne se limitèrent pas dans leurs apprentissages et acquirent le savoir de plusieurs sciences. Ce fut le cas de Lug qui devint l’égal de Dagda. Son nom devint alors « Samildarach », ce qui voulait dire le polytechnicien.

Epona décida d’égayer les vastes plaines de la terre médiane. D’une mèche de ses cheveux de la blancheur de l’aurore, elle façonna la créature de ses rêves puis l’anima d’une étincelle de vie. Ainsi mon Enfant, la Tuatha De créa la race sacrée des chevaux que ses frères et sœurs pouvaient approcher et monter pour se déplacer à la vitesse du vent.

Balor, non moins savant que ses pairs éprouvait toutefois de la jalousie à l’égard de ses frères et soeurs car ses réalisations ne suscitaient jamais tant l’intérêt de Dagda que les leurs. Il commença à s’isoler et ne se joignit plus aux autres se désintéressant progressivement de la vie communautaire.

14 mars 2007

3. De la naissance des Tuatha De Danann (part 1)

De la naissance des Tuatha De Danann (part one)

Les deux entités aussi pures que le cristal affermirent encore la puissance de ce lien qui les unissait à la terre médiane. L’intensité de l’émotion que ne faisait qu’accroître cette terre enchanteresse éveilla en eux le désir. Alors, Enfant, naquit ce que tu connais sous le nom d’Amour.

Dana inspira son père et époux, Dagda, et il lui offrit sa couche. De cette étreinte vint au monde Brigitt qui apparut sous les traits d’une jeune femme gracieuse, élancée et très grande. O, mon jeune ami, quelle beauté réside en cette créature, toute à l’image de sa mère. Brigitt possédait la grâce et la bonté, elle pourrait dispenser guérison et réconfort.

Puis vint Nuada dont les attributs étaient calme et modération, en cela il avait le profil d’un grand chef que tous respecteraient. Ogma quant à lui avait le don de l’éloquence, Diancecht celui de la jeunesse éternelle ; Goibniu, Creidne et Luchte naquirent ensemble et avaient le même don pour la création et le façonnage.

Emergeant des flots, tel une lame de fond, surgit Manannan Mac Lir. Bien plus fugace que ses frères et sœurs, le fils de Dana et Dagda avait décidé que sa résidence serait l’abîme insondable des plaines émeraude et azur de Nemedia. Enveloppé d’une parure d’écume, l’onde devint son royaume.

Vint alors la plus belle et la plus farouche des enfants. La nature sauvage de son caractère et son opiniâtreté primitive ferait d’elle l’égérie de l’esprit combatif et du non renoncement. Oui mon enfant, cette créature magnifique dont la chevelure du rouge le plus vif qui soit la distinguait des siens serait dorénavant vénérée comme Morrigan la Rouge.

Tous les enfants du Dagda et de Dana n’étaient cependant pas encore présents… Quel ne fut par l’éblouissement des premiers nés, lorsque qu’étincelant comme un rayon de soleil, Lug se présenta accompagné de sa sœur Epona. Les deux enfants rayonnaient à la façon de joyaux inimitables. Resplendissant de mille feux, ils conquirent le coeur de leurs aînés. Ainsi, mon jeune ami, les Tuatha De Danann avaient définitivement pris pied dans la réalité de la Chimère et Nemedia était parée du peuple le plus magnifique qu’il ait été donné de rêver à un être vivant.

Mais, Enfant, c’est alors que l’événement le plus imprévisible que tu puisses imaginer se produisit ! Tous les Tuatha De Danann originels semblaient être nés quand, drapé d’un voile de ténèbre, « Celui qui n’était pas attendu » fit son apparition au sein de la divine assemblée…

Difforme et monstrueux, le puîné se présenta à la mère de tous les dieux sous le nom de Balor. Si chaque enfant de la création avait bénéficié de tous les atours de la grâce et de la beauté, Balor était disgracieux et acariâtre.

11 mars 2007

2. De la naissance de Dagda

De la naissance de Dagda

Oh Enfant, sache qu’en ces périodes reculées le temps n'existait pas. Seules la magnificence des paysages et la richesse de la nature agrémentaient cette terre vierge de leur somptueuse parure. Les vents caressaient de leur souffle doux les courbes d’un relief qu’aucune beauté ne pouvait égaler. Bran, évoqua alors le premier être qu’il nomma Tuatha. Ce nom signifiait « Amour du Foyer ». Tuatha symboliserait l’attachement de Bran pour cette terre qu’il avait quittée. Il serait le lien entre sa vie passée et la Chimère.

Nemedia était un endroit où il faisait bon vivre. Tuatha dont l'essence spirituelle lui permettait de se déplacer avec le vent et ainsi de parcourir de vastes et innombrables étendues sans jamais être embarrassé par quelque obstacle qui se présente, se lança à la découverte de ces contrées de rêve. La terre médiane se révéla être un puits de bienfaits et de douceurs pour cette entité dont la curiosité insatiable se portait sur toute chose aussi anodine soit-elle. L'appétit de connaissance de Tuatha était si important que sa nature éthérée ne pouvait répondre à toutes ses attentes ni même satisfaire à son exigence de savoir. Alors, Tuatha renonça à l'immatérialité et s'éveilla sous la forme la plus adaptée à ce monde nouveau. Ses grands yeux de l'ambre le plus éclatant s'ouvrirent sur un tableau enchanteur qui le transcenda et le fascina.

Pensée était devenue matière, esprit et corps ne formaient plus qu’un, conscience était née. Tuatha issu de l’esprit du Créateur était ampli de la lucidité de son père. En cela il sut qu’il avait le pouvoir de retoucher cette sphère de la Chimère afin d’y apporter son humble savoir. Ainsi, avec sagesse, Tuatha créa Dana. Elle serait sa compagne et incarnerait la tempérance. Dana serait la force inspiratrice qui étayerait l’œuvre qu’il comptait réaliser en Nemedia. Dana serait passion et volonté, en elle brûlerait dorénavant la foi à laquelle il ferait appel pour ne jamais sombrer dans la vanité.

Pour remercier Tuatha de l’avoir engendrée à son image et pour lui avoir insufflé discernement et sérénité, Dana lui fit le don le plus précieux qui soit. Ainsi le verbe naquit et Tuatha par la magie des mots de la bouche de Dana devint Dagda, ce qui signifie « le Bon ».

Le plus magnifique joyau de la Chimère rayonnait en Nemedia. Le couple avait une allure sublime, à l’image de la création. Les deux qui n’étaient qu’Un avaient revêtu l’apparence de Bran en son honneur. Leur peau au grain si délicat et leurs cheveux semblables à une douce brume céleste avaient la pigmentation de la neige, car le blanc est le savant mélange de toutes les autres couleurs et il est symbole de pureté.